BeyondTrust zero-day : vos accès distants sont-ils compromis ?
Des hackers liés à la Chine exploitent activement une faille dans BeyondTrust Remote Support. Si votre PME utilise cet outil, agissez maintenant.
Imaginez qu'un inconnu possède un double de la clé de votre bureau et qu'il entre quand il veut, sans que vous le sachiez. C'est exactement ce qui se passe en ce moment pour des entreprises qui utilisent BeyondTrust Remote Support, un outil très répandu pour permettre à des techniciens d'accéder à distance à vos ordinateurs. Des hackers liés à la Chine ont découvert et exploité une faille zero-day — c'est-à-dire une vulnérabilité inconnue jusqu'alors, sans correctif disponible au moment de l'attaque — pour prendre le contrôle de serveurs d'assistance à distance. Si votre PME utilise BeyondTrust ou son ancienne marque Bomgar, cet article est pour vous.
Que s'est-il passé exactement ?
Une faille zero-day, c'est une brèche de sécurité que personne n'a encore repérée — ni l'éditeur du logiciel, ni les experts en cybersécurité. Les attaquants l'ont trouvée en premier et s'en sont servis avant qu'un correctif existe. Dans ce cas précis, des groupes de hackers associés à des intérêts étatiques chinois ont exploité cette vulnérabilité dans BeyondTrust Remote Support pour infiltrer des serveurs d'assistance technique. Concrètement, cela leur a permis de prendre la main sur des systèmes informatiques d'entreprises clientes, exactement comme le ferait un technicien légitime — mais avec des intentions malveillantes. L'outil BeyondTrust est utilisé dans le monde entier, y compris par de nombreuses PME françaises qui font appel à des prestataires informatiques externes. La faille a été confirmée et un correctif a depuis été publié, mais le danger reste réel pour toutes les installations qui n'ont pas encore été mises à jour.
Pourquoi les PME françaises sont-elles concernées ?
Vous pensez peut-être que les cyberattaques parrainées par des États ne visent que les grands groupes ou les administrations publiques. C'est une idée reçue dangereuse. Les hackers liés à la Chine, comme ceux impliqués dans cette cyberattaque 2026, ciblent aussi les PME pour plusieurs raisons : voler des données commerciales sensibles, accéder à des clients plus importants via vos systèmes, ou tout simplement monnayer l'accès à votre réseau à d'autres criminels. Si votre prestataire informatique utilise BeyondTrust pour intervenir sur vos postes à distance, votre entreprise est potentiellement exposée — même si vous n'avez jamais entendu parler de ce logiciel. La faille dans l'accès distant de PME représente donc un risque concret, pas une menace abstraite réservée aux multinationales. Et le fait que l'exploitation soit active signifie que des attaques sont en cours en ce moment même.
Comment savoir si votre entreprise est exposée ?
Première question à poser à votre prestataire informatique ou responsable IT : utilisez-vous BeyondTrust Remote Support ou Bomgar pour accéder à nos systèmes ? Si la réponse est oui, la question suivante est immédiate : la mise à jour corrective a-t-elle été appliquée ? BeyondTrust a publié un patch de sécurité — c'est-à-dire un correctif — pour boucher cette faille zero-day. Toute installation qui n'a pas reçu cette mise à jour reste vulnérable. Votre prestataire doit être en mesure de vous confirmer par écrit que la mise à jour a bien été effectuée et la date à laquelle elle a été appliquée. Si votre interlocuteur hésite, ne sait pas répondre, ou minimise la situation, considérez cela comme un signal d'alarme. La transparence de votre prestataire face à ce type de crise est un indicateur clé de sa sérieux en matière de cybersécurité.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
1. Contactez votre prestataire IT aujourd'hui. Envoyez-lui un e-mail simple : « Utilisez-vous BeyondTrust ou Bomgar pour accéder à nos systèmes ? Si oui, le correctif de sécurité de décembre 2024 a-t-il été appliqué ? » Notez sa réponse et la date. C'est votre première ligne de défense.
2. Demandez un inventaire de vos outils d'accès distant. Vous devez savoir quels logiciels permettent à des tiers d'accéder à vos ordinateurs et serveurs. Si vous ne le savez pas, votre prestataire doit vous fournir cette liste sous 48 heures.
3. Vérifiez les connexions inhabituelles. Demandez à votre IT de consulter les journaux de connexion (les logs) des dernières semaines et de signaler tout accès distant effectué en dehors des horaires habituels ou depuis des pays étrangers.
4. Renforcez les accès distants avec une double authentification. Si ce n'est pas encore en place, exigez que toute connexion à distance à vos systèmes nécessite une validation en deux étapes — un code envoyé sur un téléphone en plus du mot de passe. C'est simple, efficace, et ça coupe l'herbe sous le pied de la majorité des attaquants.
5. Signalez tout incident suspect à l'ANSSI. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (anssi.fr) propose une assistance gratuite aux entreprises victimes de cyberattaques et publie des alertes de sécurité en temps réel. En cas de doute, contactez-les ou consultez le site cybermalveillance.gouv.fr pour une orientation rapide.
La cybersécurité n'est pas réservée aux grandes entreprises. Une PME bien préparée est une PME qui pose les bonnes questions à son prestataire, avant que les hackers ne posent les leurs à vos systèmes.